Picou

Conseiller municipal (1965-1972)

Aujourd’hui je souhaite évoquer mon mandat de Conseiller Municipal lorsque Marcel Azémar était Maire, de 1965 à 1971.

J’aime à dire gentiment que ma « bête noire » était Mathilde ma belle-mère. Elle était toujours à mes trousses, toujours insatisfaite, rouspétant que les chemins n’étaient pas suffisamment entretenus… comme si c’était moi seul qui en prenait la décision !

Pendant 6 ans je n’ai pas toujours été de l’avis de M. le Maire ! La règle était l’assiduité. Si on ne pouvait participer au conseil municipal (en général on se réunissait une fois par mois), il fallait avertir. Cela m’est arrivé une paire de fois, mais, respectant la règle et le devoir, je l’ai toujours notifié.

En réunion, on échangeait librement nos idées, on s’écoutait. Lorsque des décisions étaient à prendre le vote se faisait à main levée. Chacun n’avait pas la responsabilité d’un poste précis, les décisions étaient communes, la vie du village et la satisfaction des citoyens nous tenaient à cœur.  

Lorsque j’étais dans ce conseil, me viennent en souvenir les projets du moment qui étaient :

– l’électrification du relais « le pioch de Moussur », le relais pour la télévision

– la mise en place de buses pour capter le ruisseau du Théron* aussi appelé la Safranière qui naît au Duc et qui s’écoule jusqu’au chemin de fer, depuis le jardin de Massot au passage souterrain sous la maison de Redoulès.

Je suis à l’origine de la création du chemin de la Boissière car j’avais bien vu que les gens étaient enclavés. Mais ayant un terrain en bordure du Sauclet, des mauvaises langues disaient que j’y regardais mon intérêt, voulant m’arranger. De ce fait, désireux de ne pas être soucié par ces commérages, je ne m’en suis plus occupé. La décision d’ouverture s’est faite par la suite, en mon absence. Le chemin créé a été refermé quelques années plus tard par la propriétaire Mme Lacomba .

Ces six années se sont passé très vite. Pour rester en paix avec Mathilde, ma belle mère, je ne me suis plus représenté.  

Il faut rajouter une certaine fierté de ces années. Effectivement, avant mon mandat, quelque chose me tenait profondément à cœur : maintenir dans le cimetière un soldat, Elie Bessières, de Joncelets, mort à la guerre de 1914, sans famille.  

A cette époque, Eugène Louis Sagnes de Joncelets, ancien Maire, voulait agrandir le cimetière en reculant le mur côté Mairie, entre deux sépultures. De ce fait, l’un restait dehors et l’autre dans l’enceinte. Aussi, en tant que conseiller municipal et citoyen, je n’étais absolument pas d’accord pour que ce soldat qui avait perdu sa vie au combat, ne soit pas dans le cimetière. J’ai insisté lourdement pour que sa sépulture soit respectée et placée dans le carré militaire actuel. Ma ténacité a payé. J’obtins satisfaction. J’étais content et heureux d’avoir laissé cet honneur à ce soldat, sans famille, mort pour la France.

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