Les foins de Melac

Gamin, avec ma mère on portait vers midi la soupe toute chaude à Mélac. Mon père avait pris soin le matin de prendre le vin. Je me souviens de ces prairies qui longeaient le parcours tout le long du ruisseau. On y cultivait les pommes de terre, les haricots, qui pendant la crise, nous ont bien sauvés ! Après le repas, une petite sieste était de rigueur car les travaux de l’après midi allaient être aussi durs que ceux du matin. A la sieste on était ennuyé par les mouches.

Après le repos, le travail reprenait. On se mettait à soigner le foin, on le retournait, l’aérait, l’emballait. Les balles étaient faites à la main. Les journées étaient longues. On rentrait le foin dans les greniers à la maison ou dans les granges à foin. La saison durait en moyenne une semaine.

Lorsque j’étais adulte, ma mère venait seule. Il nous tardait de la voir arriver. Le repas était attendu…ah… cette bonne soupe de légumes, accompagnée d’une tranche de lard ! Je la revois encore fumante, aux odeurs chatoyantes. Nous mangions également une vinaigrette de légumes accompagnée d’une tranche de jambon, et pour finir un morceau de fromage. Nous n’avions pas de dessert, pas de fruits non plus, je me souviens de quelques poires cueillies par ci par là dont le goût n’était pas fameux, l’âpreté me les faisait recracher… tout ça ne sont que de vieux souvenirs…

Le retour à la maison se faisait à la nuit tombante. Le travail n’était pas terminé. Il fallait s’occuper du cheval. Il lui fallait cinq tonnes de foin par an sans compter l’avoine et tous les soins appropriés. Pratiquement toute l’année le cheval travaillait et quand il ne travaillait pas, par temps de pluie ou autre il faisait du fumier. Il y avait beaucoup plus de mulets que de chevaux. Celui de mon père s’appelait Paulou. Certains mulets avaient plusieurs propriétaires qui se le partageaint. Ces bêtes travaillaient doublement. Le mulet était plus résistant que le cheval, plus adroit, il passait là où le cheval ne voulait pas aller.

La moisson, blé, orge, avoine. On récoltait environ 1200kg de grain. Tout était ramassé à la faucille. Le meilleur moment était le mois d’août, les travaux aux champs étant terminés, les vendanges pas encore commencées, on en profitait pour remonter les murs qui s’étaient écroulés, abîmés pendant l’hiver.

Picou

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