La cité – Le Moyen Âge

C’est pendant cette période où l’abbé possédait tous les pouvoirs, économiques, militaires et judiciaire s’ajoutant au spirituel qu’il régnait comme un seigneur.

Sous la direction des moines de Joncels des châteaux de défense furent édifiés à Roqueredonde sur l’ancienne place forte gauloise, tout comme celui de Cazilhac sur les rives de l’Orb.

En 949, Saint Fulcran, évêque de Lodève dût racheter l’abbaye St Pierre tombée aux mains de hobereaux voisins qui entretenaient des moines sybarites. Il remplaça ceux-ci par de bons religieux auxquels il donna pour Abbé, Etienne l’un de ses familiers et aida grandement au rétablissement du monastère en lui accordant de nombreuses donations.

En 1135 le pape avait attribué à l’Abbaye joncelloise la possession de 28 églises et bien entendu les dîmes et revenus afférents.

Au Moyen Age, l’Abbé était élu par les moines ayant prononcé leurs vœux religieux. Il était seigneur haut, bas et moyen de Joncels et de Roqueredonde et percevait la dîme du blé et autres grains, des agneaux, des poulets, des porcs. Il possédait le moulin du village et touchait cent sous de droit sur le four banal. Lors de son élection les habitants de Joncels et Roqueredonde devaient lui payer un cadeau de quarante livres.

A partir de 1454, comme toutes celles de France, l’abbaye de Joncels dût subir « la commende ». L’Abbé était alors nommé par le roi. Il percevait un tiers des revenus de la communauté, les deux autres revenant, l’un à la commende, l’autre aux réparations de l’église. L’Abbé commendataire jouissait de prérogatives honorifiques mais ne dirigeait pas la discipline intérieure de l’abbaye. Cette fonction revenait au prieur claustral, père spirituel, qui lui était nommé par les moines.

Joncels a souffert considérablement de la Guerre de Cent ans et des guerres de religion. Les moines, au fil des années prenaient des libertés envers la règle monacale de Saint Benoît et, vers 1750 songeaient à résilier leurs vœux monastiques pour devenir des chanoines séculiers et transformer l’abbatiale en église collégiale.  Progressivement elle s’étiola et à la Révolution elle devint église paroissiale à la place de St Félix. L’abbatiale de Saint Pierre aux Liens avait vécu. Ce qu’il en demeurait devait subir de nombreuses mutilations durant près de deux siècles d’oubli.

Guy Courtes

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