Sem de Jaussels.
Moi, je suis de Joncels …
Vous ne savez pas où cela se situe ? Je vais vous le dire.
A 30km au nord, vous avez le Caylar et la Pezade qui sont les portes d’entrée du plateau du Larzac. Nous disons que les habitants de ces contrées lointaines sont des « Gabachs ». Ce pays attire aussi tous les illuminés qui s’imaginent que l’on peut vivre d’amour, d’eau fraîche et de quelques brebis sur le plateau.
Si cela avait été possible, j’aurais essayé avant eux cette opportunité plutôt que de monter à Paris à 18 ans pour chercher du travail. Mais aujourd’hui il est peut-être envisageable d’y vivre avec le Rmi, le Rsa, Cmu…
Au sud à 20km vous avez Bédarieux. Allez savoir pourquoi eux nous traitent de « Gabachs ». Il faut manipuler ce concept de « gabach » avec circonspection car nous sommes tous le « gabach » de quelqu’un…
C’est aussi un peu rassurant, les jugements les plus péremptoires peuvent facilement se retourner contre leurs auteurs…
Les mauvaises langues disent que les Joncellois sont des fils de curés ou de moines.
Il faut remonter au XIIIème siècle pour comprendre l’origine de ces rumeurs. En ces temps là, les moines de Joncels étaient las de prier et de subir des privations, dans le froid et la solitude de l’imposante abbatiale. Un jour de l’an 1202, ils décidèrent de vivre parmi les habitants du village. Au début c’était pour avaler une soupe bien chaude. Ensuite ils semèrent des petites graines dans tous les foyers… Ce qui devait arriver, arriva. La petite graine profitait près de la cheminée et bientôt elle fut prête à éclore. Cela parvint aux oreilles de l’évêque de Montpellier qui voulut détruire cette semence honteuse et illégitime. C’était sans compter sur les moines de Joncels qui étaient vigoureux et déterminés. Ils dirent à l’évêque sur un ton impérieux : « Tu ne fouleras pas impunément nos plates-bandes. Nous sommes ici chez nous. Va voir ailleurs si tes ouailles ont besoin de toi… »
L’évêque horrifié écrivit au Saint Père à Rome pour qu’il prenne d’urgence des mesures coercitives. Par bulle papale les moines de Joncels furent excommuniés.
Pendant un siècle il n’y eut plus de moine à Joncels…
Alors fils de moines les Joncellois ? Dieu seul le sait et il saura reconnaître les siens. Mais la petite graine a fait son chemin, aujourd’hui elle prospère au temple bouddhiste de Roqueredonde au dessus de Joncels et d’après ce que l’on me dit elle s’y trouve bien…
Gérard Cauvi


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