Au début des années 1920, M.M Goubin, ingénieur industriel spécialisé dans la fabrication des matériaux de construction & Pujol, négociant industriel fondent une Société : Les Plâtrières de Joncels.
Celle-ci a pour objet la fabrication de plâtre pour l’agriculture et pour la maçonnerie ainsi que l’exploitation de carrières de sable de grès et de pierres de taille et tous matériaux de construction pouvant en dériver.
Au préalable ils recherchent des actionnaires pour le financement de la société. A cette fin ils présentent à leurs futurs partenaires une étude technique et financière pour obtenir leur participation en déclinant les avantages du filon de Joncels.
« L’agriculture et l’entreprise du bâtiment ont un besoin important de tonnage de plâtre. Les centres de production trop éloignés des centres d’utilisation il s’ensuit un coût considérable de la marchandise. Une usine à plâtre située dans l’Hérault trouvera donc des débouchés considérables et stables. Le débit étant assuré quel est le gisement important et de bonne qualité qui peut alimenter pareil débouché ?
Les nouvelles carrières de Joncels interviennent en ce cas »
S’en suit une démonstration mathématique où, à partir d’une puissance de gypse de 20 à 38m d’épaisseur par filon, on arrive à 7 500 000 tonnes. Soit pour un prélèvement de 100 tonnes/jour une durée de vie de 200 ans.
Dès 1921, le Conseil Municipal de Joncels, sollicité, donne un avis favorable à Pierre Goubin pour établir un four à plâtre et un câble aérien pour le transport du gypse de la carrière à l’usine.
En juin 1922, le Conseil Municipal accepte le passage de la ligne électrique sur le chemin de Joncels à Sourlan et en janvier 1923, Pierre Goubin est autorisé à passer un câble électrique au dessus du chemin de Joncels à Valeyrac et ancien chemin du causse.
Mr Goubin propose à la Commune la cession d’une partie de l’énergie disponible pour l’éclairage public (fournisseur d’électricité : Sté Sorgue et Tarn).
L’étude physicochimique du gypse indique que l’on est en présence d’un dépôt particulièrement riche et considérable.
La carrière sera exploitée sous forme de galeries, l’artère principale de 80m environ permet une évacuation facile du gypse. Des recoupes sont amorcées permettant une extraction facile et moins onéreuse par marteau pneumatique. Toujours en recherchant le prix de revient le plus bas.
Descendre le gypse par le chemin du causse ne pouvait être envisageable. Un système de câble aérien avec bennes a été mis en place. Chaque benne transportait un poids utile de 100 à 500 kilos. Le débit du câble permettait d’évacuer 80à 100 tonnes/jour.
A la station d’arrivée, à l’entrée actuelle du village, un wagonnet prend le gypse et l’amène à l’usine (juste avant le panneau actuel de Joncels) et le verse dans une trémie (grand entonnoir destiné à stocker puis à verser des matériaux lourds par gravitation) qui régularise l’alimentation d’un broyeur. Ce broyeur transforme en une seule opération le gypse en poudre. Le débit est d’environ 3 000 kilos à l’heure. Ce plâtre très fin, poudre cuprique (plâtre et sulfate de cuivre) est employé pour le traitement des souches contre le mildiou principalement.


Pour le plâtre de maçonnerie, le gypse est pris dés l’arrivée du câble par les wagonnets qui le déversent dans des fours construits en contrebas de la voie d’où un chargement simplifié. Le plâtre bluté (tamisé) à la finesse voulue est versé dans une grande trémie sur laquelle est fixé un peson (appareil qui mesure le poids) ensacheur. Un homme suffit à ce poste de travail. Ensuite un monte charge élève les sacs au niveau de la plateforme du camion pour l’expédition.
La force motrice pour l’ensemble des opérations, carrière et usine, est fournie par le réseau Sorgue et Tarn. Pour le gros du transport, une demande d’embranchement particulier a été faite à la Compagnie du Midi permettant d’accéder à la ligne ferroviaire Béziers-Neussargues.
Le dossier d’appel à actionnaires s’achève par l’exposé financier mettant en exergue le profit attendu par action.
Note du rédacteur : aucune donnée sur la fin de vie de l’exploitation ni sur les marchés obtenus, ni le personnel employé, notamment joncellois.
Rédaction : J.P Crouzat à partir des documents et photos fournis par Rémy Paillès.


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