Domaine de Gravezon : une mémoire et un patrimoine

L’histoire, un éternel recommencement. Au VII° siècle, les moines bénédictins, amateurs de bons vins, s’étaient établis à Joncels pour son terroir propice à la culture de la vigne et à la vinification.
Depuis la fondation de l’abbaye jusqu’au XX° siècle, la viticulture a toujours fait partie intégrante de la vie des Joncellois, rythmant la vie des hommes et façonnant les paysages. Les caves disposaient toutes d’un pressoir à vis, de cuves, de foudres et de barriques pour que chacun puisse profiter de sa propre production et de sa « buvette » qui permettait de tenir bon à la mine ou dans les champs.
La surface moyenne des exploitations étant inférieure à un hectare, la construction de la cave coopérative en 1966, au Bousquet d’Orb, mettra un terme à ces pratiques individuelles, privilégiant la coopération entre viticulteurs.

Mais depuis quelque temps, à l’entrée du village, un homme a décidé de faire renaître les pratiques des anciens en créant son propre domaine et sa cave particulière. Les vendanges passées et le raisin encuvé sur place, ils sont nombreux à venir observer Eric Paillès dans son travail quotidien à la cave.
Les émanations alcoolisées des fermentations et les tas de marc font resurgir des souvenirs dans la tête des curieux. Pêle-mêle, les principes de la vinification et les pratiques de leurs pères ou grands-pères se succèdent dans les discussions.
Pour le nouveau vigneron amoureux de son village natal, le premier objectif est atteint : « Je suis heureux d’avoir fait renaître cette pratique ancestrale qui tombait dans l’oubli de la mémoire collective. Cela fait des siècles que les Joncellois font du vin et j’ai l’impression de porter sur mes épaules un bel héritage commun. » Les vignes d’Eric Paillès font aussi la singularité du Domaine de Gravezon. D’ailleurs, il est intarissable sur le sujet : « certaines vignes ont plus de cent ans, c’était à l’époque des vignes jeunes de mon grand-père.


Elles sont un véritable conservatoire de cépages : on y trouve des souches de grand noir, de la calmette, morastel-bouschet, œillade, aramon gris ou encore alicante de pays… Qui se portent très bien ! »
Article de presse Midi Libre

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