Monsieur Massot

Lettre de M.Massot en 1945

Joncels, le 29 Mars 1945

 

  1. MASSOT Instituteur public JONCELS (Hérault)

À monsieur l’Inspecteur primaire Bédarieux

 

Je viens de passer les premiers jours des vacances de Pâques aux Nières, auprès de ma mère. C’est seulement ce soir, à mon retour, que je prends connaissance de la note de service relative à la participation de l’Enseignement à la résistance. Je vous prie de m’excuser de ne pas avoir répondu dans les délais fixés par la note.

Joncels n’a subi ni 1a présence des troupes d’occupation ni les incursions de la Gestapo ou de la Milice. D’autre part, aucun groupement de la Résistance ne stationnait sur le territoire de la Commune. Pour ces raisons la participation des habitants de Joncels à la Résistance été assez effacée.

Néanmoins, j’ai pu favoriser des jeunes réfractaires et une famille juive menacée de déportation. Les uns et les autres ont pu attendre 1’heure de la Libération, non sans angoisses, mais sans accident.

Le 8 Juillet dernier, ma voiture automobile immobilisée depuis quelque temps a été mise à la disposition du maquis Bertrand” pour une mission. En 3 heures les réparations ont été faites, les accus chargés à la Sous-station de la S.N.C.F et tout mis au point pour le départ.

Le 12 Jaillet à 1’aube, c’est le Docteur Galabru du Bousquet d’Orb et moi-même qui sommes allés procéder à la toilette funèbre de 3 jeunes tombés dans un engagement contre un groupe d’allemands se trouvant dans un train en stationnement au passage à niveau de l’Usclade à 4 km de Joncels.

Nous avons appris par la suite que parmi les morts se trouvait un instituteur : Maurice Gaston JANIN né à Strasbourg le 17 février 1922, domicilié à Besançon 38 rue Nodier.

A force de communications téléphoniques avec la Préfecture et le Parquet, j’ai pu, avec le concours du Chef de brigade de gendarmerie du Bousquet d’Orb, obtenir l’autorisation de remettre les corps des victimes à leurs familles. , ce qui a permis une inhumation solennelle au Bousquet d’Orb.

Enfin, j’ai prêté mon concours pour accueillir les familles qui avaient évacué le Bousquet d’Orb à la suite de la rencontre du 17 aout entre allemands et F.F.I.

Je vous prie d’agréer, Monsieur l’Inspecteur, l’assurance de mon respectueux dévouement.

Lettre de M. Massot à l’Inspecteur primaire

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