Mademoiselle Lucie

Le 1er avril 1989 ont eu lieu à Joncels les obsèques de Mademoiselle Lucie, née avec le siècle. L’assistance était nombreuse pour l’accompagner dans son dernier voyage.

Après des études à Clermont l’Hérault dans une institution religieuse, son diplôme en poche, elle a enseigné dans une école religieuse. La maladie a stoppé rapidement sa carrière et elle s’est retirée avec sa mère Blanche à Joncels.

Là, elle s’est consacrée au service de l’église, s’occupant de la décoration, des sonneries des offices, des processions, de la préparation des messes, de l’entretien… Une fois par an, elle sortait les nombreux bougeoirs en cuivre. Les enfants du village, avec du sable du « valat de jun » astiquaient toutes ces merveilles avec entrain.

Trois générations de Joncellois ont appris avec elle le catéchisme. Quelle patience, on n’était pas toujours très sages !

Elle était au service de son prochain et aidait bénévolement les enfants dans leur travail scolaire si le besoin s’en faisait sentir. Après le travail nous pouvions feuilleter les revues de Fripounet et Marisette ou Cœur Vaillant, c’était notre récompense.

Elle connaissait bien l’histoire de « son village » et de « son église » et faisait partager ses connaissances aux touristes, les promenant dans les vieilles rues, leur faisant découvrir les porches, les portes, les ruelles, la vie de cette cité médiévale. Ils repartaient enchantés par cette visite inattendue, étonnés par son érudition, son visage serein et le sourire de leur guide.

L’église était devenue sa maison, sa foi lui permettait de voir le monde avec sympathie. Elle avait son siège sous la statue de Sainte Thérèse et servait avec dévouement les prêtres de la paroisse.

Ce portrait n’est qu’un le pâle reflet de ce qu’était mademoiselle Lucie. Je pense qu’elle a quitté ce monde en souriant, sûre de retrouver Dieu qu’elle a servi sur terre. Sa silhouette noire, son visage serein, son sourire entreront définitivement dans la légende des gens qui ont marqué le village.

C’était ma tante, je l’aimais, elle m’a beaucoup appris. Gardons précieusement son souvenir

Roseline

Je l’ai toujours vue habillée de noir avec de grands châles, tout comme sa mère qui avait gardé le deuil de son défunt époux toute sa vie.

Son habit était noir, mais point son âme qui palpitait comme celle d’une jeune fille. Son grand amour n’était point de ce monde et sa foi illumina sa vie.

L’église était sa demeure, elle y passait le plus clair de son temps. Cette foi rayonnante explique sans doute qu’elle ait pu traverser le siècle sans s’attacher aux biens matériels.

Selon Picou,  

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