Le cross du Graveson

Ce sera bientôt le cross de Joncels. Tatiana et Gertrude en tant que régionales de l’étape veulent représenter dignement le Plô de Cambre. Tous les participants se préparent à l’avance. On ne s’improvise pas coureur de fond en se rasant le matin devant sa glace.

Avec ses boucles enlacées au flanc de la colline et ses 4 balcons panoramiques, le Plô de Cambre offre un terrain de jeu idéal pour se mettre « en jambe ».

Tatiana et Gertrude ont prévu de revêtir des tenues folkloriques pour créer l’évènement ; l’Affamé et Louisou du Mas Viel veulent atteler la « jument verte » à la jardinière pour remplacer la voiture-balai.

Devant la bergerie du Pastre les amis et les voisins se sont rassemblés pour discuter de leur participation possible. Marie a sorti les tables et les chaises de jardin et un vin de pêche de sa fabrication. Les plaisanteries vont bon train. Personne ne se prend trop au sérieux ; ils ont bien conscience qu’ils n’ont pas tous le profil du coureur professionnel mais l’important c’est de participer dans la bonne humeur. Gertrude qui riait aux éclats avec le groupe s’arrête brusquement. En un éclair, une idée vient de lui traverser l’esprit : Pourquoi est-ce que je n’entends pas derrière moi le rire habituellement énorme d’Adrien ?

Elle se retourne et le voit un sourire béat sur les lèvres, les yeux rêveurs, regarder de l’autre côté. Elle suit la direction de son regard qui rencontre, là, à dix mètres contre la barrière de l’enclos des chevaux, la silhouette de Tatiana en short ultra sexy en train de faire des exercices d’assouplissement. Une bouffée de jalousie empourpre le visage de Gertrude. Comment lutter contre cette nymphette fine, souple, voluptueuse qui a vingt ans de moins qu’elle ? Elle tire brusquement le bras d’Adrien mais se ressaisit aussitôt :

 – Non, je ne peux pas lui montrer ma jalousie …C’est humiliant ! Et puis comment lui reprocher un regard, même béat d’admiration.

Elle lui prend la main et lui dit :

– Ce n’est pas de cette façon qu’on renforce son cœur, même si le cœur y est ! Je crois qu’on a besoin de toi pour « coatcher » les plus petits.

Adrien, comme un enfant pris en faute, s’empresse de s’exécuter.

Une vingtaine de bénévoles préparent cet évènement à l’avance, il faut prévoir tous les détails pour satisfaire le plus grand nombre.Bravo à toute l’équipe !

Chaque année les enfants sont l’objet de toutes les attentions. Des courses spécifiques leur sont dédiées. Des « jeunes épis » aux « poussins confirmés », ils animent les rues du village sous l’œil attentif des parents.

C’est ainsi que la course se perpétue, nous en serons bientôt à la deuxième génération de compétiteurs …

Des clubs du département viennent en groupe, ils font monter la pression, c’est un plaisir de les voir s’échauffer dans la bonne humeur. L’heure du départ de la course est imminente, plus rien ne bouge, un ange passe … Soudain retenti le signal du départ donné par le maire du village. Toutes les énergies canalisées se libèrent. Les participants s’élancent à la conquête de leur « Everest ». C’est parti pour une heure de course.

Tous ceux qui terminent le cross ont droit à nos encouragements, ils sont applaudis et méritent bien une récompense. Le comité d’organisation ne lésine pas avec les cadeaux. Tout le monde repart comblé et se donne rendez-vous pour de nouvelles aventures l’année suivante.  

Gérard Cauvi

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