Dans l’église

Sous le grand vitrail tourné vers l’orient et occupant le fond du cœur, on remarque tout d’abord le retable en bois doré du XVI° siècle. Richement décoré, portant à gauche la statue de Saint Pierre à qui le sanctuaire était consacré et à droite celle de Saint Benoît créateur de l’ordre auquel appartenaient les moines de Joncels.

A noter également la stalle médiévale du Père Abbé, et sur le devant du chœur un groupe sculpté dans le noyer par un artiste inconnu du XVIII° représentant Saint Michel terrassant Lucifer. Derrière, fixé au pilier, le fragment retrouvé d’une horloge wisigothique.

Au milieu du chevet, à quelques mètres du grand autel classique de marbre, servant de support à un plateau de bois sur lequel officie actuellement le prêtre de la paroisse, se trouve un bloc rectangulaire de marbre haut d’un mètre vingt et large de soixante centimètres. Il s’agit d’un autel cippe demeuré très longtemps oublié au fond de l’église. Il semblerait que ce soit un rescapé de ces blocs funéraires destinés à des coutumes païennes antérieures à la période carolingienne et récupérées pour le culte chrétien. On n’en aurait trouvé qu’un autre dans la région, quelques uns en Provence et très peu dans le reste de la France.

Dans le flanc sud de la nef s’ouvre la chapelle dédiée à St Benoît de Joncels où sont conservées ses reliques dans une belle châsse en bois doré datant du XVIII°. Ce Benoît là était centurion romain mort en martyr pour n’avoir pas voulu renier sa foi durant la persécution de Doclétien l’an 303 de notre ère.

Ses restes ont été exhumés sur ordre du Pape Innocent XII dans le cimetière de Calipode, authentifiés le 17 mars 1699 par l’évêque de Porphyre et donnés en 1701 à Dominique de Tâche prévôt de Notre Dame des Anges à l’Isle sur la Sorgue diocèse de Cavaillon. En 1733 ses héritiers en firent présent à Jean Joseph de Massilian, Abbé commendataire de Joncels.

En 1858, suite à l’action tenace de Michel Aibram, curé de la paroisse, la Sacrée Congrégation des Rites autorise deux fêtes en l’honneur du martyr, le 24 avril et le premier dimanche de septembre. Jusqu’à ces dernières années, le 24 avril était un jour chômé pour les Joncellois. A la fin des vêpres la chasse de St Benoît était portée en procession dans les rues du village tandis que l’on chantait le cantique spécialement composé par Michel Aibram. Actuellement, cette fête commémorative est réduite à la plus simple expression. Si le 24 avril tombe un jour de semaine la cérémonie est reportée au dimanche suivant, et la promenade annuelle de St Benoît de Joncels se limite à la place de l’église.

Guy Courtes

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