Les vendanges

Les vendanges se faisaient généralement mi-octobre. Le vin récolté était bien souvent vert de fruit. Le degré n’était pas bien fort, entre 6 et 7 degrés.

Les cépages essentiels étaient le carignan, le grenache pour le vin blanc et l’aramon. Il y avait aussi des variétés anciennes dont le morastel bousché.

On réunissait toute la famille, les amis, on embauchait rarement du personnel. On démarrait au petit jour. Pour se réchauffer on ramassait et brûlait les anciens sarments. Il n’y avait pas de brouette. Nous avions des comportes en bois avec des sémaliers*.  

Mon père avait un pressoir, je me régalais d’entendre les clavettes descendre… les villageois

venaient faire presser le marc au prix de 2 francs la comporte (40 sous de l’époque), y compris que le presseur déjeunera et mangera chez le propriétaire tant que le marc n’est pas pressé.

On portait le vin chez soi, on le laissait fermenter. Nous avions la chance d’avoir un pressoir dans la cave. Notre vin était acheté par des négociants qui faisaient des coupages avec les vins d’Algérie d’une teneur en degré bien plus élevée.

Les jeunes du village, filles et garçons allaient dès le mois de septembre dans le bas-planiol  louer leurs bras et puis enchaînaient à Joncels.

*barre de deux mètres avec un anneau central qui sert à porter à deux hommes les comportes depuis les rangées de la vigne où elles sont remplies jusqu’à la charrette qui amène la vendange à la cave. Se dit aussi « pals sémaliers » (qui portent des « semals » ou comportes).

Picou

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