L’école

Je me souviens de la veille de rentrer à l’école, avec André Massot on s’amusait sur la terrasse, mais je n’ai aucun souvenir de la rentrée scolaire. L’école se trouvait à l’entrée, du village, côté sud dans une salle commune, aujourd’hui sous l’appellation du « cercle ». La petite salle annexe, celle qui sert de cuisine à Daniel dit Gégé aujourd’hui était la Mairie. Les enfants scolarisés étaient en surnombre, allant de 30 à 35 ! Par manque d’oxygène nous avions des maux de tête. Suite à tout cela, les services d’hygiène sont venus, doctoresse, etc.  Tout ce petit monde a fait pression pour la construction d’un poste double, soit deux classes, deux instits qui enseignèrent dans la nouvelle école, à côté du cimetière (ndlr : à la place des ruines de l’église paroissiale St Félix), l’école que nous connaissons de nos jours, sauf que depuis, une classe a été supprimée pour laisser place à la Mairie actuelle.

De mon temps, les jours scolaires ; lundi, mardi, mercredi, vendredi, samedi toute la journée. Jeudi était repos. Chaque jour, lorsqu’on arrivait, la leçon de morale était écrite au tableau. Le samedi matin était réservé à l’instruction civique. L’après midi était le moment de la culture physique. Les cours s’arrêtaient fin juillet. Août et septembre étaient les mois de nos grandes vacances. La rentrée scolaire se faisait en octobre.

A l’époque, les enfants rentraient à l’école à l’âge de cinq ans. Il y avait le cours préparatoire, le cours élémentaire, le cours moyen et fin d’études avec le certificat. Le tout formait une classe unique. Quelques fois, l’instituteur nous commandait de faire lire les petits… La récréation se faisait sur la place publique appelée « la Ramade ». Les filles se trouvaient en bas, les garçons en haut. Le parapet faisait séparation. Pendant cette pause, aller aux toilettes était interdit. Les filles allaient sur le chemin de la gare, les garçons dans l’impasse du chemin du cimetière que l’on nommait le chemin de Célina (ancienne épicière et buraliste, cousine d’André Gayraud.

En classe, en cas de besoin, à côté de l’école, il avait été créé des WC, mais nos besoins tombaient dans une cave. Au fil du temps il y eut débordement, la cave était pleine tout débordait par le porche qui a été dès ce moment muré. Ils ont attendu que tout soit sec pour démurer et nettoyer la cave. Ce qui a été ramassé a servi d’engrais pour le jardin. Tout cela s’est terminé lorsque l’eau est arrivée dans les maisons de Joncels. A ce moment là, le Maire était Georges Courtès, le père de Guy connu sous le surnom de Safranier. Mon père était son premier adjoint.

En attendant d’aller à l’école, j’allais chez le forgeron, Gayraud père, « tirer le soufflet » La forge se trouvait en face de la maison. Je passais mon temps là-bas, j’y ai même gagné quelques sous en tournant la manivelle qui actionnait le soufflet et ce, pendant peu de temps. Les soufflets sont devenus électriques, j’ai perdu mes primes.

Le certificat d’études était l’examen final au cours moyen. Après, les enfants étaient orientés vers Lodève ou Bédarieux. Si les familles n’étaient pas boursières et si les parents n’avaient pas les moyens, les enfants arrêtaient leur scolarité. J’ai arrêté l’école certificat d’études en poche. Mon père m’avait dit : « tâche moyen de l’avoir car ton frère l’a eu, ta sœur aussi, il n’y a pas de raison que tu ne l’aies pas ». Je l’ai eu. Sur la demande de mon père, l’instit a accepté de me garder les trois mois d’hiver. En avril, je partais aider mon père à la vigne. Tailler, employé à faire le jardin, employé de la terre…

Parallèlement au parcours scolaire, le jeudi matin j’allais au catéchisme, enseigné en général par Mlle Lucie. Nous nous retrouvions au fond de la rue Castel Moutou, au presbytère (donation de Mr Saumade, propriétaire du château de Joncels). Mlle Lucie vivait rue Castel Moutou. Le presbytère appartenait à l’évêché (comprenant deux grandes maisons différentes) et qui s’est revendu. Au mois de mai, dit mois de Marie, Mlle Lucie organisait la procession avec les enfants du village. Cela consistait à sortir la Vierge Marie dans toutes les rues. Chaque jour elle s’annonçait chez quelqu’un, lequel prévoyait des friandises pour les enfants qui chantaient en compensation des chants religieux dédiés à la Vierge Marie.  

Picou

Ndlr ; selon André Redoulès, l’instituteur Adrien Massot aimait à dire « le petit train de la Placette est arrivé, nous pouvons commencer » en parlant des trois plus jeunes filles Olivier qui arrivaient après « un long déplacement ».

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