L’effondrement de 1938

Il est modeste notre petit musée, juste au pied du clocher de l’ancienne abbatiale.

La salle a pu être récupérée car le bâtiment qui se trouvait au dessus de la sacristie (ancienne salle capitulaire) s’est effondré. Il servait de mairie.

Régulièrement, Adrien Massot, secrétaire de mairie et père d’André, entendait tomber du sable de jointement. Inquiet, il en avisa rapidement la mairie, qui, ayant peur du pire, fit barrer la route pour que les secousses au passage des charrettes n’ébranlent pas plus l’édifice. Par manque d’entretien, ce bâtiment s’est fissuré et, un soir de vendange de 1938, le pire s’est produit. Au moment de l’effondrement, tout le monde était à table. Il y eut un vacarme monstre, la poussière n’en parlons pas ! Les riverains ont connu de gros dégâts, des pierres ont roulé, enfonçant des portes et arrivant jusque sous la table, notamment dans la maison de Pierre Abal.

Par chance cet accident s’est résumé à la perte d’une belle architecture.

Par souci d’économie, la partie bâtie a été réduite et les gravats ont été ensevelis sous le nouveau bâtiment qui est devenu la sacristie.

Grâce au classement par le Conseil Général de « village d’intérêt supérieur » les subventions ont permis d’aménager ce local en dégageant les gravats tout en conservant les bases des anciennes voûtes.

Et voilà, nous avons pu récupérer cette petite salle pour y exposer quelques beaux objets, utilisés par nos anciens, que des joncellois ont bien voulu montrer : galoches usées et rapetassées, vieux outils, vieux livres, vieux santons en papier recouverts de plâtre, objets de la vie de tous les jours dont nous avons oublié l’utilité et que l’on redécouvre avec surprise.

Les enfants surtout sont étonnés par l’histoire que l’on peut leur conter de cette vie « d’avant » qu’ils ne connaissent pas et s’aperçoivent de la transformation de notre société. Monsieur le Maire dans son discours d’inauguration a cité la phrase d’Anatole France :

« Ne perdons rien du passé, ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir »

Et surprise, on trouve ici une vitrine contenant des éolithes, pierres sculptées naturellement par l’eau et le vent que Rémy Paillès, surpris par ces formes particulières, a ramassé en travaillant ses vignes et pensé à les montrer. C’est l’originalité de notre petit musée.

Trouverons-nous assez de bonnes volontés pour continuer l’entretien de ces petits trésors et donner l’envie aux joncellois et aux visiteurs de pousser la porte, d’aller voir et écouter ce qui nous rattache à nos racines.

Picou et Roseline Dumonceaud

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