Voilà, je me présente : Daniel Azemar, pur joncellois. En effet, je suis né dans lamaison familiale voilà déjà 68 ans. Je suis issu d’une famille de mineurs aussi bien du côté paternel que maternel. Ma voie était toute tracée. Après avoir effectué mon service militaire, j’ai cherché un emploi minier car mieux rémunéré que l’usine de menuiserie, Sté Dumez où l’on m’avait orienté. Me voilà embauché en 1975 à la mine de Trèves dans le Gard pour 6 mois. On y extrayait du plomb. Puis la mine de Noilhac St Salvy dans le Tarn pour la société Pennaroya puis Metaleurop. C’était une mine de zinc. Là je me suis installé pour 19 ans dans une famille d’hôtelier restaurateur qui m’ont accueilli comme leur enfant. Ils m’ont transmis leur passion pour la cuisine et j’ai beaucoup appris avec eux. Je les aidais après mon travail. Maintenant je fais profiter la famille, les amis de mes talents de « cuisto ». Ils sont restés de très bons amis. Hélas, début 1994, c’est la fermeture du site suite à l’épuisement du filon. Je quitte à regret ce coin du Tarn et me voilà parti, pour 8 ans, travailler dans une fonderie de deuxième fusion, de recyclage de batteries, à Villefranche sur Saône. C’était une usine très polluante, nous devions faire une prise de sang tous les trois mois, à cause du saturnisme. On travaillait avec des masques ventilés, et l’on sortait entre autre des lingots de plomb. En début 2002, nouvelle fermeture de site, me voilà au chômage et de retour à Joncels.
Pendant seize mois, j’ai pu profiter du plein air après tout ce temps passé sous la terre. Le Directeur de la mine de Salsigne m’a contacté pour un emploi d’une durée de dix mois comme mineur de fond. En effet, il cherchait quelqu’un qui avait l’expérience de la mine, ne voulant pas former un jeune pour si peu de temps. Et je suis retourné au fond après une interruption de 9 ans et demi. Le travail était différent, les engins avaient évolué, certains étaient radio-télécommandés, améliorant la sécurité des mineurs. Les mines de Salsigne qui produisaient jusqu’à 2 000kg d’or par an étaient le plus important gisement d’Europe. Le premier juillet 2004, après cent ans d’exploitation c’était la fin de cette aventure.
Je pense avoir été un des derniers mineurs de fond. J’ai terminé ma carrière en activité mine ce qui a valorisé ma retraite. Voilà mon parcours. Ce métier était dur mais il a rempli ma vie.
Daniel Azemar et au stylo Roseline Dumonceaud


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